Enseignements, recherche et médiation dans la transition
Si la question écologique peut provoquer de nombreuses émotions, et peut même devenir un “sujet sensible” entrainant des émotions clivantes, il suscite aussi étonnamment souvent une réaction inverse : une apathie ou une indifférence, saisissantes au regard de l’ampleur des enjeux actuels. La complexité et l’échelle des changements que l’on a longtemps dit insensibles – réchauffement climatique, pollutions, chute de la biodiversité – sont pour une part dans la difficulté qu’ont les publics à s’approprier ces questions. Mais l’insensibilité à la situation est peut-être aussi l’un des résultats de l’échec de l’écologie politique et des campagnes même de sensibilisation, semblant décorrélés d’actes réels.
Comment permettre à la question écologique d’être aussi sensible qu’elle devrait l’être ? Comment bouleverser les représentations par lesquelles nous comprenons notre relation au monde vivant ? La question est pédagogique autant que politique, poétique autant que scientifique. On voudrait donc échanger dans ce workshop sur des pratiques de recherche d’enseignement entre enseignant.es, chercheur.euses en SHS, en sciences de l’environnement mais aussi en littérature, pour définir ce qui étouffe la question écologique autant que les zones sensibles sur lesquelles recherche et pédagogie peuvent s’appuyer et qu’elles peuvent faire vibrer.
Programme
- Benoît Gabrielle : Engagement étudiant et institutions : quelle articulation pour faire avancer la transition ?
- Claire Damesin : Vers une réconciliation entre écologie scientifique et écologie du sensible: place de l’écologie humaine et des collaborations arts-sciences et Présentation de la Maison des écologies
- Jean Bérard : La nature sensible du droit
- Cécile Blatrix : Action publique, sensibilités à l’écologie et sensibilité de l’écologie
- Marie-Jeanne Zenetti: Sujets sensibles, littérature et enseignement
- Yamini Yogananthan : La relation entre enfants et reste du vivant dans l’album jeunesse : quelle réception par de jeunes lecteur.ices urbains, entre expérience de nature indirecte et univers fantasmés ?
- Charlotte Mariel : Évolution des médiums, usages des médias et renouvellement des pratiques artistiques face aux enjeux socio-écosystémiques
- Guillaume Barthole : Aborder de façon sensible l’écologie à partir d’expériences concrètes (sur le terrain) en médiation ou en enseignement
- Marine Fauché : « Herborisations émancipées. À propos du projet de médiation botanique « Botascopia »
- Céline Clavel et Pauline Hachette : Le « Passeport Etudiants de la transition » en cursus de gestion : place de l’expérimentation, de l’enquête et de l’écriture littéraire